Nina Almendine

The Official Website

L’ÉCRITURE EN PARTAGE

Nina Almendine interviewée par Camille Rémy, Auteure.

Cahier crayon et fleur
« Camille Rémy : Nina Almendine bonjour !


Nina Almendine
: Bonjour !


CR - Nous sommes ici à Paris en cette journée de décembre pour découvrir l’auteure que vous êtes et en savoir plus sur la façon dont vous écrivez et votre rapport à l’écriture. Je vais commencer par une petite question concrète : comment s’est passée votre dernière séance d’écriture ?

NA - Ah ! bonne question qui a le mérite d’entrer avec force dans le sujet…
Ma dernière séance d’écriture était finalement dédiée au passage d’une nouvelle. Ça s’est passé de manière assez fluide, j’avoue, c’est avec bonheur quand on écrit avec cette fluidité.

CR - Pourquoi écrivez-vous ? Qu’est ce qui vous pousse à écrire ?

NA - C’est une question qui est en fait  à mon sens profonde parce qu’elle touche vraiment la substance, l’essentiel de ce qui nous fait écrire. Je dis nous parce que je me relie à la communauté des écrivains. Moi j’ai envie de dire et je le dis souvent : j’écris comme je respire. C'est-à-dire que - et j’espère que les scientifiques me pardonneront - je pense que cela fait vraiment partie d’une de mes facultés au niveau du cerveau reptilien. C’est comme si je mangeais, je buvais, je dormais. Ça fait tellement partie intégrante de moi cette activité d’écriture que vraiment je l’associe à, si je  ne pouvais pas écrire, je ne pourrais pas vivre. Ça fait partie de moi.

CR - Vous iriez jusqu’à dire que l’écriture relève d’une pulsion ?

NA - Ça me plait bien ce mot de pulsion si on entend la pulsion au sens étymologique qui est de « poussée vers », effectivement c’est une poussée irrépressible d’écrire. Quand je parle là d’écrire, c’est essentiellement prendre des notes. J’ai toujours à proximité de moi du papier, un crayon, y compris quand je dors parce qu’il y a toujours des belles images, des idées, des rêves qui viennent. C’est quelque chose que je ne peux pas réprimer. Dans le sens de poussée, oui, écrire est une pulsion. Écrire, c’est répondre à la nécessité que je sens constamment présente en moi de garder trace, de fixer dans le temps une forme mouvante, de témoigner, de restituer. C’est aller à la rencontre et à la découverte de soi, des autres et des mondes. C’est vivre plusieurs fois et partager cela avec d’autres des milliers de fois. C’est muer, libérer une peau prête à se détacher et faire continuellement émerger un autre soi dans une vie qui lui appartient, mienne et étrangère tout à la fois.

CR - Diriez-vous qu’écrire c’est aussi un besoin de durer, de témoigner ?

NA - Je pense qu’en fait il y a dans un premier temps cette poussée vers l’écriture, le fait d’écrire, de prendre des notes très très fréquentes, de coucher sur le papier ses images, ses idées, ses rêves… et par contre la volonté de durer, de témoigner vient dans un second temps. Je ne pense pas que c’est de l’ordre de la pulsion, mais plutôt de quelque chose de plus construit, de plus prémédité peut-être, même si ça peut être ce qui vous « pousse à », mais ça viendrait dans un second temps pour moi.

Femme-bibliotheque

CR - Y a-t-il des personnes ou des événements en particulier qui vous ont amenée à écrire ?

NA - Mon environnement familial, la famille dans laquelle je suis née, a été importante, est importante, pour cette activité d’écriture. Mon grand père maternel a écrit et publié deux livres. Un de ses cousins était un poète qui n’a jamais publié mais néanmoins est souvent cité par ma mère. Je suis très sensible à la forme orale de l’écriture. Une création littéraire peut être produite sans qu’elle soit consignée sur le papier mais dite en direct par son créateur. Ensuite ma mère n’a jamais écrit mais a des dons de pouvoir communiquer cela avec beaucoup de présence. Elle a des dons de comédienne innés. Elle m’a transmis cet amour des mots.  Et mon père, sans que ce soit un acte volontaire de sa part, n’a pas écrit de livre sous une forme construite, mais avait une correspondance florissante, très poétique, très imagée, avec un vrai talent d’écrivain. J’adorais lire sa correspondance. Je pense que durant toute mon enfance cela m’a vraiment inspirée. Tout cet univers familial a préparé ma rencontre avec des amoureux des mots, des écrivains.

CR - Vous avez grandi dans un milieu bilingue.

 

NA – Oui.

CR - Est-ce que cela veut dire qu’écrire en français est un choix et que vous auriez pu écrire dans une autre langue ?

NA - Malheureusement je n’aurais pas pu écrire dans une autre langue puisque je n’ai pas été formée dans une autre langue. Si je devais écrire dans une autre langue il faudrait que je passe par cette formation. Pourquoi pas ? Mais n’ayant qu’une vie je pense que ma langue de prédilection est le français, mais c’est de fait.  J’admire les écrivains qui peuvent vraiment écrire de façon talentueuse dans deux langues. Pour moi c’est un idéal mais je ne peux pas le faire au jour d’aujourd’hui.

CR - Pouvez-vous nous en dire plus sur cette autre langue qui visiblement fait partie aussi intégrante de votre vie et de son rapport peut-être avec le français ?

NA - J’ai grandi dans un univers parfaitement bilingue. Ce que je considère être une chance magnifique. Les hasards de l’histoire avec un grand H m’ont amenée ici en France. Mais l’arabe constitue ma langue maternelle. Je n’ai commencé à pratiquer le français qu’à l’âge de cinq ans. L’arabe est une langue qui vient vraiment s’adresser à toutes mes sensorialités, qui s’est imprimée de façon première. Je pense qu’une langue a quelque chose de l’univers des sens mais dans les deux sens : des sens au niveau physique mais également de tout ce qui concerne la signification, les symboles, les métaphores, etc… C’est une langue qui constitue tout cela pour moi.
Le français a été une langue de scolarité plutôt, une langue culturelle puisque j’ai évolué là en France. Elles se répondent l’une l’autre et puis elles me forment. Je pense que je les retrouve dans mon écriture. Ce sont deux systèmes complètement différents qui m’apportent tous les deux leur richesse.

CR - Eprouvez-vous parfois le besoin de retourner à l’arabe pour pouvoir retrouver des mots en français ?

NA - Les va et vient que je fais entre les deux langues ne sont absolument pas de l’ordre de la traduction. Il y a des mots qui vont être parfaitement justes à mon sens en arabe, tandis qu’en français ils seront bien en deçà et vice versa. Ce qui apparait c’est souvent le mot juste.

CR - Lisez-vous dans une autre langue que le français ? Vous lisez en arabe peut-être dans d’autres langues encore ?

NA - Je lis en anglais, en espagnol depuis peu. En tous les cas c’est un point d’évolution pour moi. J’admire les personnes qui maitrisent plusieurs langues.

CR - Si vous aviez les moyens d’écrire en plusieurs langues vous pensez que vous écririez la même chose ou que vous réserveriez chaque langue à un type d’écrit particulier ?
NA - Concevant chaque langue comme un système de pensée à part entière, non seulement de pensée mais d’être au monde à part entière, probablement que cela va insuffler des directions différentes dans le processus de création. Mais à ce moment là, il faudrait que je sois experte dans ces langues. Pour moi c’est un idéal.

E Book

CR - J’en viens à la matière qui nourrit vos textes. De quoi se nourrit votre écriture, où puisez-vous votre inspiration ?

NA - C’est une inspiration qui est puisée dans les événements de la vie quotidienne mais également dans l’imaginaire. Plus je suis présente dans le réel, plus je vais être enrichie de tout ce qui peut se passer. Ça peut être au niveau de mes rencontres, de mes activités. Ça peut être également d’être purement un témoin de ce qui peut se passer autour de moi. Ça peut être dans les événements de la vie courante qui ne me concernent pas directement, mais qui vont concerner la région dans laquelle je vis, ou le pays dans lequel je vis ou, plus loin,  les nations et les états de par le monde. Et puis il y a une porte d’entrée très puissante par l’imaginaire. La création totale en fait et vraiment pleine d’un imaginaire qui n’existe pas, mais qui ouvre en même temps. Les deux se rejoignent en fait. À un moment donné on ne sait plus très bien d’où vient cet imaginaire,  s’il a puisé dans des événements réels que j’aurais oubliés par exemple ou bien s’il est construit de fait, mais c’est vrai qu’à un moment donné tout se rejoint.

CR - Est-ce que vous pensez que c’est important d’évoquer les thèmes qui font débat dans notre société, les événements de l’actualité ?

NA - Je pense qu’un écrivain, de toutes les façons, ne peut pas s’affranchir de cela et que même des écrits qui traitent d’une histoire privée  sont forcément reliés à une situation sociale donnée, donc à une situation politique, à la liberté d’expression par exemple qui est très importante à mes yeux. Il y a toujours des connexions à ces débats de société, à ces débats d’actualité, et aucun écrivain ne peut s’en affranchir y compris lorsque l’on traite vraiment d’histoires qui n’ont rien à voir, apparemment - alors qu’il y a toujours quelque chose qui  va être relié à cela - avec les débats de société et ce qui se passe actuellement. Pour moi être écrivain, c’est témoigner de son environnement social et politique.

CR - Vous avez l’habitude d’écrire régulièrement ou bien par phase, par crise, quand vous avez l’inspiration qui vous tombe dessus ?

NA - J’écris régulièrement mais pas forcément dans des formes structurées, c'est-à-dire dans un projet de roman, de nouvelle ou d’essai. J’écris tous les jours.

CR - Quels sont les types d’écrivain ou de livres qui vous inspirent ?


NA - Les livres qui m’inspirent sont ceux qui me donnent pleinement ma dignité d’être humain. Ce sont vraiment ces livres là qui m’élèvent, qui me donnent  vraiment la sensation d’exister, qui me potentialisent et qui opèrent une magie chez moi. Je peux trouver cela dans les écrits d’Anaïs Nin, de Jean Marie Gustave Le Clézio. Je peux trouver cela dans les poèmes de Mahmoud Darwich. Je peux trouver cela dans les livres de Tahar Ben Jelloun, entre autres.

Encre et pinceau

CR - Et pour en revenir à votre vécu à vous, de quelle manière vous servez-vous de ce vécu pour écrire, concrètement ?

NA - Concrètement. Je prends énormément de notes sur, voilà, des idées, des inspirations, des vécus. Je vais utiliser ces notes pour bâtir ensuite une œuvre donnée. Donc ça va être l’utilisation de mon vécu pour servir la création. Mais également celui que d’autres vont venir m’apporter entre guillemets, soit directement, soit que j’ai été témoin de.

CR - Et parfois est-ce qu’on utilise des éléments de son vécu pour s’en venger ?

NA - Pour s’en venger ? Pourquoi pas. Je pense qu’il y a une forme d’agressivité dans l’acte d’écrire. Agressivité qui, dans le meilleur des cas, va au service de la vie.

CR - Et tout à l’heure vous évoquiez le fait de puiser aussi votre inspiration dans l’imaginaire. Donc je pense aux rêves. Est-ce que vous utilisez le contenu de vos rêves. Et si oui, de quelle manière ?

NA - J’ai toujours été très sensible à mes rêves, en tous les cas j’ai eu des rêves bien souvent très marquants. Donc je suis tout à fait attentive à mes rêves. D’ailleurs je dors tout le temps avec un carnet de notes à proximité. J’ai conscience de la fragilité des rêves. On peut ne pas se souvenir d’un rêve dont on était persuadé qu’on allait se souvenir lorsqu’on le faisait. Et au réveil : paf ! C’est déjà envolé ! C’est pourquoi je note. Hormis les rêves qui sont vraiment marquants et dont vous vous souviendrez pendant de longues années. J’ai des carnets dédiés à ces rêves. Dans mon écriture je ne les utilise pas systématiquement, bien que je pense que  qu’il y a des rêves qui pourraient vraiment constituer une nouvelle, ou carrément une œuvre.
Il suffit de déployer tout ce que ça contient en germe. Mais il m’est arrivé par exemple de me mettre à l’écrit d’un texte comme si ça m’était demandé dans un rêve. Donc j’écoute oui, je suis attentive à ces messages.

Librairie 1

CR - Il vous arrive de sculpter. Cette autre activité artistique nourrit-elle votre écriture ? Et quel lien faites-vous entre les deux ?

NA - Elle nourrit mon écriture dans le sens où une sculpture peut donner forme à un mouvement qui s’était déjà initié dans une création littéraire. Á contrario, la sculpture peut venir débloquer un mouvement qui avait été entravé  dans une création littéraire, débloquer quelque chose. C’est au-delà des mots, c’est la réponse de la forme par rapport aux mots. Je vois des parallèles aussi dans la sculpture, dans la nécessité d’une ossature, d’une structure qui est nécessaire également dans l’écrit. Bien entendu, toutes ces phases de polissage d’une sculpture et le texte poli en phases successives. Et puis, j’ai écrit un roman dans le milieu des arts plastiques où je traite un peu plus de ce sujet, où la sculpture est présente, la peinture également. Si l’on part du principe que tout est langage, mais pas seulement sous sa forme écrite, alors tout va être une source d’inspiration et un possible d’expression.

CR - Le fait de parler de l’écriture en évoquant la sculpture ça rend votre description extrêmement physique, vous parlez de polissage, d’ossature. J’ai envie de vous demander si le support de l’écriture compte, si vous n’écrivez pas de la même manière en fonction du support. Est-ce qu’il y a des supports sur lesquels vous ne pourriez pas écrire ?

NA - Je vous remercie de poser cette question de la présence du physique, du sensoriel dans l’écriture. Pour moi écrire relève totalement de cette expérience, alors qu’il y a une image purement intellectuelle et mentale de l’acte d’écrire. Je pense que ça passe aussi, et peut-être vraiment d’une façon instinctive, par le corps. J’ai effectivement depuis des années une intimité avec le papier, le papier de préférence lisse sur lequel j’écris au crayon noir, enfin au critérium plus précisément, à la mine en tous les cas, parce que ça glisse bien. Ça peut permettre une écriture très relâchée, donc c’est parfait pour accompagner le mouvement de l’inspiration. Ça peut poser des problèmes parce que la gomme peut tout effacer, mais bon j’assume ! Et ensuite effectivement je travaille sur ordinateur.

CR - Est-ce que le rapport à un texte manuscrit sur papier est le même que
le rapport à un texte qui serait à l’écran sur l’ordinateur ? Ou est-ce que vous sentez une distance qui n’est pas la même dans les deux cas

NA - Ce n’est effectivement pas la même chose. Ce que j’apprécie sur l’ordinateur c’est la rapidité avec laquelle ça va, le fait de donner forme typographique au texte, ça je l’apprécie, la rapidité. Je suis très rapide dans ma prise de notes avec une écriture que je suis pratiquement la seule à pouvoir relire. Mais voilà, ce n’est pas le même rapport. Il peut y avoir un aspect trompeur sur l’apparence du texte, je dis bien l’apparence du texte sur l’ordinateur, qui peut donner l’impression d’un texte déjà fini alors que ce n’est pas le cas. C’est juste une ébauche, parfois il peut y avoir quelque chose de trompeur. Alors je joue avec les couleurs, entre le premier jet, le second jet, pour différencier et me dire que je suis toujours en train de polir le texte.

Liseur homme

CR - Êtes-vous d’accord avec l’idée qu’un écrivain est un alchimiste qui transforme par son imagination le réel en fiction ?

NA - J’apprécie beaucoup cette image d’alchimiste donnée à l’écrivain. Je l’apprécie d’autant que j’estime que toutes les notes que je prends sont de la matière brute. Mais non seulement mes notes. Au-delà de mes notes la vie nous offre, à nous les écrivains, une véritable matière brute à transformer. Extraire de cette matière brute la pépite qui va former la création littéraire finie.

CR - J’ai évoqué la métaphore de l’alchimiste et qui dit alchimiste dit laboratoire. Quand on s’imagine un écrivain en plein travail, en général, le stéréotype qui vient en tête, c’est un bureau, des feuilles de papier, éventuellement un ordinateur, une tasse de café. Vous, votre laboratoire, où écrivez-vous et quels sont vos lieux de prédilection ? Y a-t-il des lieux plus favorables que d’autres à l’écriture ?

NA - En ce qui me concerne, j’aime beaucoup écrire dans mon environnement, c'est-à-dire être chez moi, à mon bureau, et écrire dans mon cadre. J’ai beaucoup de mal à m’extraire de ce cadre, sauf pour prendre des notes, là je peux en prendre partout. Donc c’est chez moi, à mon bureau, parmi mes objets et ce qui m’appartient, c’est là où je me sens bien. Je fais un parallèle entre l’écriture et le voyage, le fait d’être en mouvement. J’ai besoin de cet ancrage chez moi où je suis en position de pouvoir partir dans le voyage qu’est l’écriture.

CR - Ça signifierait que vous ne pourriez pas écrire par exemple en déplacement d’un lieu à un autre, dans un bateau, dans un avion, dans un train ?

NA - C’est un point d’évolution pour moi de pouvoir créer une œuvre - je ne parle pas de la prise de notes ou d’idées - lorsque je suis à l’extérieur de chez moi, dans un avion, dans un train, mais bon peut-être que ça viendra !

CR - Vous pensez que c’est quelque chose qui vous manque ? Ou bien après tout…

NA - J’admire les écrivains qui peuvent écrire dans un café, où qu’ils soient, pour lesquels l’environnement extérieur n’est pas déterminant.

CR - Avec la notion d’ancrage, est-ce que vous incluez nécessairement la notion de silence et de solitude ?

NA - Le silence pour moi n’est pas l’absence de mots. C’est plutôt une ouverture dans laquelle il va y avoir un langage qui va se manifester de façon différente que dans un contexte bruyant. Il va y avoir comme une révélation d’un langage particulier qui se fait. Le silence est important pour moi. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne soit pas accompagné d’une musique.  Donc c’est un peu paradoxal : je vous parle de musique et de silence à la fois. Est-ce que les musiques sont silencieuses ? Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, mais elles peuvent accompagner ce qui émerge de ce langage intérieur. Vous parliez de solitude, oui écrire est un acte solitaire. Je pense que ce n’est pas un isolement. Effectivement il y a la nécessité de solitude mais qui est contraire à l’isolement.  

Livre numerique-tablette

CR - Cette solitude est-elle parfois pesante ? Est-ce que c’est une solitude qui donne envie de ne plus écrire justement ?

NA - Elle peut représenter quelque chose de pesant. Je pense que lorsqu’on est vraiment dans le mouvement de l’écriture, cette question ne se pose plus. Mais lorsqu’on est dans les doutes, dans l’angoisse de son questionnement créatif ou dans des moments comme ça où on n’est vraiment plus connecté et présent à ce cheminement, ce mouvement - parce que c’est vraiment de l’ordre d’un mouvement d’écriture - là ce genre de sentiment de solitude, d’envie d’arrêter ou de solitude qui pèse, à ce moment là n’est plus présent. Et c’est d’ailleurs pourquoi on continue d’écrire.

CR - Vous avez parlé de silence qui peut être musical, de musique. J’ai envie de vous demander si pendant le processus de création, quand vous êtes en train de travailler, vous avez besoin de lire vos textes à voix haute, de vous entendre, d’entendre vos textes ?


NA - Je ne lis jamais mes textes, je ne lis jamais mes textes à voix haute. Je les lis dans une sorte de lecture silencieuse.

CR -  Avez-vous des petits rituels d’écriture, des actions que vous faites systématiquement ?

NA - Les journées se déroulent dans un ordre apparemment monastique : lever assez tôt, découpage de la journée en quatre ou cinq phases d’écriture, entrecoupées de moments de la vie simple comme de cuisiner, prendre un bain, faire quelques étirements, pourquoi pas chanter. Mais en tous les cas, c’est vrai qu’il y a un petit peu dans ces journées de création quelque chose de oui, de monastique, mais en tous les cas dans l’intérieur de la journée c’est vivant, c’est parfois même joyeux.

Livre pages forme coeur

CR - Est-ce qu’on écrit quand on n’écrit pas, c'est-à-dire est-ce qu’il y a des passages, des phrases qui vous viennent quasiment toutes faites justement quand vous êtes en train de cuisiner ou de prendre un bain ?

NA - Oui tout à fait, ces petites actions toutes simples accompagnent pleinement le processus d’écriture parce que, pendant ce temps là, il peut arriver qu’on ait une magnifique inspiration.

CR - Est-ce que vous avez l’impression que les conditions dans lesquelles vous écrivez ont évolué depuis le début, depuis la première fois que vous avez pris un stylo ?

NA - Pour ce qui concerne des conditions et de l’organisation de l’acte d’écriture non. Par contre son vécu, sa mise en forme, la manière dont je le vis oui ça a évolué. Ça a évolué dans un sens de plus de fluidité. C’est plus fluide maintenant que ça l’a été à une certaine époque.

CR - Est-ce que l’acte d’écriture cela peut être quelque chose de douloureux, qui fait mal ?

NA - Je ne pense pas qu’écrire soit forcément un acte douloureux. Ça peut être même un acte très, je parlais de joie tout à l’heure, ça peut être effectivement un acte très joyeux. Par contre il est évident qu’écrire peut nous amener à traverser des moments très douloureux. Il faut aussi faire la part des différentes formes de souffrance, que ce soit une souffrance vécue à la difficulté de créer, ça c’est une forme de souffrance. Que ce soit une souffrance liée à ce que l’on est en train de traiter, c’est différent. Oui, l’écriture a cette part de douleur parfois, mais pas systématiquement.

Main ecrivant sur un cahier_XS

CR - Est-ce qu’écrire ça n’est pas de temps en temps aussi pousser vers le vide, c'est-à-dire s’isoler du réel, se couper du monde ?

NA - Dans l’acte d’écriture, il y a le fait de rejoindre le réel, c'est-à-dire de puiser sa source d’inspiration dans le réel. Il y a également une forme d’écriture qui s’extrait de ce réel. Ça peut être ces deux formes simultanées dans la même création. Hormis les cas pathologiques où il y a une  fuite du réel, je pense que ces deux actions se rejoignent.

CR - Pensez-vous que cette mue soit toujours constructive ou bien est ce que parfois on court le risque d’aller vers la destruction et que le message qu’on cherche à transmettre soit négatif et porteur d’ombre ?

NA - Je pense que toute cette voie évolutive effectivement comporte sa part de risque. Il y a parfois des passages difficiles à opérer. Cette alchimie dont vous parliez tout à l’heure, elle passe souvent par le feu. Il y a un feu salvateur. Encore faut-il pouvoir le traverser. Certains s’y brûlent. On a l’exemple de nombreux artistes qui y sont restés, brûlés. Je pense effectivement qu’il y a une part dangereuse dans ce processus créateur. Dans la vie elle-même, dans les chemins d’évolution. La part d’autodestruction peut-être qu’elle doit être justement traversée, en tous les cas assumée. Assumer la part destructrice ou la part sombre, la part d’ombre de l’acte d’écriture, de tout acte de création, en tous les cas inhérente à la vie.

CR - Est-ce que vous avez l’impression de la contrôler parfaitement votre part d’ombre à vous ?

NA - Je ne cherche pas à la contrôler, je cherche à l’accueillir quand elle survient, du mieux que je peux. Ce n’est pas toujours facile. Mais en tous les cas, je pense qu’il est dangereux justement de la fuir ou de chercher à la contrôler, contrôle dans le sens de main mise dessus, d’empêchement à être.

CR - Est-ce qu’il y a des écrits, vos écrits que vous avez détruits ?

NA - Oui ! Je suis aussi passée par là ! J’ai détruit une vingtaine de cahiers, de journaux de notes et je regrette. J’aimerais beaucoup… enfin, je sais ce que c’est, voilà. C’est comme un membre manquant maintenant chez moi.

CR - Donc vous ne le referiez plus.

NA - Non, je ne le pense pas.

Mains lisant en braille

CR - J’en viens maintenant au message que vous cherchez à transmettre quand vous écrivez. Pensez-vous qu’un écrivain, et ça aussi c’est un stéréotype que l’on a souvent en tête, pensez-vous qu’un écrivain produit toujours le même livre, inlassablement répété sous des formes différentes ?

NA - Non, je n’ai pas cette idée. Je pense qu’effectivement c’est un préjugé.
En fait, ce que l’écrivain fait, c’est se créer lui-même. Chaque livre va aller dans ce processus de création, vers ce processus d’individuation. Chaque livre serait un petit peu comme une peau qui mue et qui lui permet d’aller encore plus dans la création de lui-même.

CR - Est-ce que la fin d’une histoire d’écriture est nécessairement une publication ?

NA - Excellente question. Je ne pense pas que le destin de tout écrit soit d’aller à la publication. Et puis qu’est-ce qui va décider d’une publication ou d’une non-publication ou d’une publication ultérieure ? Certains écrivains d’ailleurs décident d’une publication à titre posthume. Certains décident d’une publication qui adviendra lorsque telle ou telle personne de leur entourage sera décédée pour effectivement la protéger, en signe d’amour à son égard. Je ne pense pas que le destin de chaque écrit soit d’être publié. Je rebondis encore une fois sur le processus alchimique. Il y a le matériau brut et tous les matériaux bruts n’ont pas à être transformés. En tous les cas, tous n’ont pas subi ce processus de transformation. Est-ce que la publication est une fin ? Je ne sais pas. J’espère qu’elle est une ouverture vers autre chose, pour l’écrit en tous les cas. Non, tout texte n’est pas destiné à être publié.

CR - Et vous-même avez-vous renoncé à publier des textes ?

NA - Je n’ai pas fait ce choix conscient de dire voilà cela sera publié, cela ne le sera pas. Je n’ai pas à un moment donné décidé de ce qui peut être publié ou pas. J’estime que chaque chose peut être transformée vers une publication, oui.

Ordinateur blanc main cahier stylo

CR - J’en viens maintenant  à un personnage dont nous n’avons pas encore parlé mais qui est pourtant fondamental, c’est le lecteur. Écrire c’est écrire à un lecteur. Quel est votre lecteur idéal ? Comment l’imaginez-vous ?

NA - Le lecteur idéal pour moi ce serait vraiment un lecteur - bon on est bien dans l’idéal n’est-ce pas ? - qui concentre en la même personne à la fois l’homme, à la fois la femme, à la fois quelqu’un qui aurait tous les âges, du nourrisson jusqu’au vieillard. Quelqu’un qui parlerait toutes les langues. Quelqu’un qui habiterait dans chaque pays de la planète. Et quelqu’un enfin et surtout qui aurait la capacité de valider mon écriture comme étant une expérience possible de l’humanité. Donc c’est un lecteur finalement… voilà, qui concentrerait en lui tout cela.

CR - Vous présentez un lecteur qui a vraiment de multiples formes. Est-ce ça veut dire que vous pensez qu’un auteur peut s’adresser à vraiment tout le monde ?

NA - Pour ma part, je serais ravie si ce que j’écris touche tout le monde, ne serait ce qu’à un niveau infime. Que chaque personne puisse se reconnaître, même si c’est à un très faible niveau, dans ce que j’écris.

CR - Est-ce que vous pensez au lecteur concrètement quand vous écrivez et si oui, de quelle manière est-il présent à vos côtés ?

NA - J’avoue que le lecteur n’est pas présent lorsque je suis en processus de création littéraire. Je me sens plutôt comme un metteur en scène ou comme un cinéaste qui est en train de répéter, de travailler ses scènes avec ses comédiens et ses techniciens jusqu’au moment où ce qu’il a préparé peut être montré et partagé, ouvert au public. Je suis plutôt là-dedans. Et la publication serait ouvrir les portes pour montrer ce qu’on a préparé avant.

Papier en boule

CR
- Pensez-vous à d’autres personnes, peut être des gens précis quand vous écrivez ?

NA - Il faudrait reprendre chaque écrit et vraiment voir si j’ai focalisé effectivement sur une personne ou une autre. Mais de toutes les façons comme l’acte d’écrire est éminemment relationnel, il y a forcément un autre ou plusieurs autres auxquels je pense pendant que j’écris.

CR - Pensez-vous qu’un écrivain invite le lecteur à se souvenir, à faire un travail sur sa propre mémoire ?

NA - Je ne pense pas forcément qu’un écrivain invite à se souvenir. Par contre, je pense qu’un écrivain invite à se rappeler. L’écriture est un rappel.
Un rappel à un moment donné peut-être de sa vie où on a été dans la même situation ou dans les mêmes impressions que ce dont traite le livre. Se rappeler de sa nature humaine. Se rappeler qu’il existe tel ou tel type d’expérience humaine. Oui c’est ça, pour moi un écrivain invite à se rappeler.

CR - Est-ce qu’il invite à voyager ?

NA - L’écriture est un voyage en elle-même. Déjà soi, en tant que créateur, il faut répondre à ce voyage de la création. On ne sait pas trop où il nous mène toujours. Effectivement un écrivain invite forcément au voyage. Un écrivain serait un amoureux du voyage en tous les cas. »

CR - Est-ce que les retours que vous pouvez avoir de lecteurs sont des sources d’inspiration, sont des choses que vous avez utilisées pour avancer ou pour modifier éventuellement des choses quand vous écrivez ?

NA - J’avoue que, quand il y a des retours de lecteurs, pour moi c’est comme un miroir qui scintille dans des rayonnements que je n’aurais même pas imaginés, donc c’est un vrai plaisir. Ça va effectivement nourrir ma création par la suite. Cela ne veut pas dire que je vais prendre en compte les directions que certains lecteurs peuvent me suggérer. Mais si elles vont dans ce sur quoi je travaille, effectivement j’en tiens compte.

CR - Quelle est la plus belle expérience que vous avez eue en matière de retour, c'est-à-dire la fois où vous avez vraiment eu le sentiment que la personne qui avait lu votre texte y avait lu ce que vous espériez qu’elle lirait ?

NA - J’ai le souvenir d’une femme qui avait en fait accompagné son mari dans une des expériences que j’avais décrite dans un livre et qui m’a vraiment remerciée d’avoir pu retrouver tout cela. Elle m’a invitée de proposer cet écrit au théâtre. Je n’avais jamais envisagé cette possibilité qui était contenue dans le livre en fait.

CR - A contrario vous est-il arrivé d’avoir eu des retours où vous vous êtes dit : « Catastrophe, c’est complètement passé à côté ! » ?


NA - Les retours que j’ai eu et qui m’ont donné cette impression, bizarrement ce ne sont pas des retours où il y eu des critiques négatives mais plutôt les non-retours. En tous les cas les retours en forme de non retour, ce sont les retours où il n’y a aucun mot.

Tache d'encre sur papier

CR - Tout à l’heure je demandais si la finalité d’un travail d’écriture c’est nécessairement la publication, j’ai envie d’aller encore une étape avant et de demander si la finalité d’un travail d’écriture, c’est nécessairement la lecture par un lecteur autre que soi-même. Est-ce que parfois vous écrivez pour vous-même, uniquement ?

NA - Bonne question… Je pense que tout ce que j’ai écrit et sur quoi je ne suis pas revenue finalement s’adresse à moi ou s’adresse à d’autres vers lesquels je n’ai pas fait l’acte de partage. Plus ça va et plus j’ai cette conscience où je me dis que finalement c’est un mouvement, quand ça va vers l’autre, un autre précis, que c’est un mouvement que j’ai contenu et c’est un point d’évolution pour moi d’aller dire et donc peut-être lire à cet autre ce que j’ai écrit pour lui ou pour elle.

CR - Vous arrive-t-il de démarrer un texte en ayant une finalité en vue, un format particulier, un message particulier, et en fait, arrivée à mi chemin, vous vous rendez compte que vous allez l’utiliser d’une autre manière et sous une autre forme ?

NA - Tout à fait. De toutes façons je conçois la création littéraire comme cela, comme un véritable voyage où je ne sais pas où je vais. Je sais que j’ai une destination. Mais je ne sais pas si je vais maintenir ce cap là ou changer à un moment donné ou à un autre. En tous les cas, je commence toujours      avec une structure, une direction mais je laisse les choses émerger petit à petit dans des formes qui peuvent être tout à fait différentes de ce que j’avais imaginé au départ. Et bien souvent, lorsqu’on laisse faire ce mouvement, le résultat est assez merveilleux. C’est ça aussi l’émerveillement d’un écrivain, c’est qu’il n’a pas prévu la forme que prendrait sa création. Donc sa création pour cela l’embarque et lui fait découvrir beaucoup de choses sur lui-même et sur le processus créateur qui est en train de se dérouler, oui.

CR - Vous arrive-t-il souvent de vous surprendre vous-même et de voir une phrase sortir du stylo, du clavier et de vous demander presque d’où elle vient, qui l’a écrite ?

NA - Tout à fait. C’est pourquoi je pense qu’il y a dans l’écriture un acte d’observateur ou de témoin de ce qui est en train de se produire.

CR - Je parlais des lecteurs. Vous arrive-t-il de vous auto-censurer parce que justement il y aura un lecteur ? Est-ce que parfois le lecteur est un empêchement de tout écrire ?

NA - J’essaie, dans ces moments où il m’arrive d’avoir cette tendance à l’auto-censure, de me l’approprier en me disant que quelque chose en moi est en train de s’identifier à un lecteur potentiel qui  ne serait pas très content de ce que je suis en train d’écrire. J’essaie de dépasser cette tentation à l’autocensure. »

Calligraphie stylo plume
CR - Par rapport à tout ce que vous avez à dire, à votre message en général, tout ce que vous avez prévu d’écrire, où pensez-vous en être ? Est-ce que vous avez presque tout dit, vraiment à peine commencé à dire ?

NA - Je ne pense pas en ces termes là. Je crois que tant que je suis en chemin j’ai à dire. Je me sens plutôt portée par la vie et la vie est d’une richesse époustouflante. Je dis souvent et une de mes phrases fétiches quand je n’ai même pas le temps de noter tout ce que, voilà, j’ai à noter et ce que la vie la vie m’apporte, c’est : « La vie est bien plus forte que l’écriture. ». Je ne peux pas la consigner ne serait-ce que dans quelques carnets de notes.

CR - Vous parliez d’être portée, d’être en mouvement dans le processus de la création. Est-ce que vous pouvez imaginer d’avoir eu un jour ou d’avoir un message à transmettre et quelques années plus tard avoir envie de dire le contraire ? Est-ce que c’est une possibilité ou est-ce qu’il y a des choses fixes, des références qui resteront de toute manière dans votre écriture ?

NA - Effectivement, je pense et je me permets d’avoir ce mouvement de pouvoir changer de position ou d’avis. C’est dans le sens de la vie, de l’évolution. On est différent à chaque âge, à chaque cycle de la vie, et dans ce que l’on va traverser. Par contre il y a des valeurs fondamentales, notamment tout ce qui a trait à la dignité humaine, qui elles sont vraiment restées immuables et je pense qu’elles le resteront toujours.

CR - Quel sens donnez-vous à votre travail d’écriture ?

NA - Ce qui me vient c’est agir, créer, témoigner et partager. Agir parce qu’écrire c’est une action. Créer, créer ce qui n’est pas créé, ce qui advient de toute pièce, ce qui est neuf, ce qui est innovant. Témoigner, c’est à la fois dans le sens de rendre hommage mais aussi attester de. Et partager parce que je pense qu’écrire, en tous les cas quand on passe à une forme qui puisse être    communiquée, est un acte de partage. Partager dans le sens de s’accorder et puis de s’associer autour d’une œuvre commune.

CD DVD

CR
- Comment diriez-vous que l’écriture s’intègre à votre vie, à votre vie de tous les jours ?

NA - En fait elle est partie prenante de moi donc elle n’a pas à s’intégrer. Elle est déjà intégrée dans ces notes que je prends continuellement, elle est vraiment présente. Votre question je l’entends plus sur la manière de vivre l’état d’écrivain au quotidien. Ça c’est une véritable question. Je pense qu’écrire c’est vraiment de nos jours et de plus en plus affirmer une liberté. C’est un choix vraiment conscient et qui demande effectivement cette affirmation de la liberté de créer.

CR - Vous avez expliqué à quel point l’écriture était à l’intérieur de vous, faisait partie de vous intégralement donc ça va peut-être être une question un peu cruelle mais, si vous n’écriviez pas quel serait votre mode d’expression créative ?

NA - Si je n’écrivais pas, je sculpterais, je m’exprimerais par ce qui ne s’exprime pas par des mots mais par des formes comme dans la sculpture. Par des mouvements comme dans la danse, la chorégraphie. Peut-être par le son, la vibration. Ou par les images, comme les cinéastes.

CR - Écrire est-ce philosopher ?

NA - Si philosopher c’est apprendre à vivre et à mourir. Et si écrire, c’est parler de la vie, voire de la mort, alors oui, c’est philosopher. Mais philosopher pas comme un vieux sage triste mais plutôt comme quelqu’un qui peut utiliser la joie, le rire, la légèreté. Oui.

Amour en chinois

CR - Est-ce une forme de spiritualité ?

NA - J’avoue que dans certaines périodes de processus créateur, dans certains moments on atteint vraiment un stade de pure méditation, où on est dans une sorte d’observation de ce qui se passe. C'est-à-dire de à la fois de ce que l’on peut voir émerger chez soi, à la fois du processus créateur, à la fois de ce mouvement. C’est vraiment un état de méditation qui ouvre sur  une certaine forme de spiritualité.

CR - Et pour finir, quel est le maître mot de Nina Almendine ?

NA - Congruence. Congruence dans le sens de ce qui est un état d’harmonie parfaite entre la vie intérieure, la vie extérieure, entre la forme et le fond,  entre différents éléments qui s’assemblent vraiment pour congruer dans un état d’harmonie parfaite.

CR - Nina Almendine, je vous remercie.

NA - Merci. »

 

Copyright © 2011. All Rights Reserved.