Nina Almendine

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ÉCRIRE RELÈVE D’UNE PULSION

Mains sur clavier ordi noir

Nina Almendine interviewée par Camille Rémy, Auteure.

« Camille Rémy : Pourquoi écrivez-vous ? Qu’est ce qui vous pousse à écrire ?


Nina Almendine - C’est une question qui est en fait  à mon sens profonde parce qu’elle touche vraiment la substance, l’essentiel de ce qui nous fait écrire. Je dis nous parce que je me relie à la communauté des écrivains. Moi j’ai envie de dire et je le dis souvent : j’écris comme je respire. C'est-à-dire que - et j’espère que les scientifiques me pardonneront - je pense que cela fait vraiment partie d’une de mes facultés au niveau du cerveau reptilien. C’est comme si je mangeais, je buvais, je dormais. Ça fait tellement partie intégrante de moi cette activité d’écriture que vraiment je l’associe à, si je  ne pouvais pas écrire, je ne pourrais pas vivre. Ça fait partie de moi.


CR - Vous iriez jusqu’à dire que l’écriture relève d’une pulsion ?


NA - Ça me plait bien ce mot de pulsion si on entend la pulsion au sens étymologique qui est de « poussée vers », effectivement c’est une poussée irrépressible d’écrire. Quand je parle là d’écrire c’est essentiellement prendre des notes. J’ai toujours à proximité de moi du papier, un crayon, y compris quand je dors parce qu’il y a toujours des belles images, des idées, des rêves qui viennent. C’est quelque chose que je ne peux pas réprimer. Dans le sens de poussée, oui, écrire est une pulsion. Écrire, c’est répondre à la nécessité que je sens constamment présente en moi de garder trace, de fixer dans le temps une forme mouvante, de témoigner, de restituer. C’est aller à la rencontre et à la découverte de soi, des autres et des mondes. C’est vivre plusieurs fois et partager cela avec d’autres des milliers de fois. C’est muer, libérer une peau prête à se détacher et faire continuellement émerger un autre soi dans une vie qui lui appartient, mienne et étrangère tout à la fois.


CR - Diriez-vous qu’écrire c’est aussi un besoin de durer, de témoigner ?


NA - Je pense qu’en fait il y a dans un premier temps cette poussée vers l’écriture, le fait d’écrire, de prendre des notes très très fréquentes, de coucher sur le papier ses images, ses idées, ses rêves… et par contre la volonté de durer, de témoigner vient dans un second temps. Je ne pense pas que c’est de l’ordre de la pulsion, mais plutôt de quelque chose de plus construit, de plus prémédité peut-être, même si ça peut être ce qui vous « pousse à », mais ça viendrait dans un second temps pour moi. »

 

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