Nina Almendine

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Nina Almendine interviewée par Camille Rémy, Auteure.

« Camille Rémy : Est-ce que la fin d’une histoire d’écriture est nécessairement une publication ?

Nina Almendine - Excellente question. Je ne pense pas que le destin de tout écrit soit d’aller à la publication. Et puis qu’est-ce qui va décider d’une publication ou d’une non-publication ou d’une publication ultérieure ? Certains écrivains d’ailleurs décident d’une publication à titre posthume. Certains décident d’une publication qui adviendra lorsque telle ou telle personne de leur entourage sera décédée pour effectivement la protéger, en signe d’amour à son égard. Je ne pense pas que le destin de chaque écrit soit d’être publié. Je rebondis sur le processus alchimique. Il y a le matériau brut et tous les matériaux bruts n’ont pas à être transformés. En tous les cas, tous n’ont pas subi ce processus de transformation. Est-ce que la publication est une fin ? Je ne sais pas. J’espère qu’elle est une ouverture vers autre chose, pour l’écrit en tous les cas. Non, tout texte n’est pas destiné à être publié.

CR - Et vous-même avez-vous renoncé à publier des textes ?

NA - Je n’ai pas fait ce choix conscient de dire voilà cela sera publié, cela ne le sera pas. Je n’ai pas à un moment donné décidé de ce qui peut être publié ou pas. J’estime que chaque chose peut être transformée vers une publication, oui.

CR - J’en viens maintenant  à un personnage dont nous n’avons pas encore parlé mais qui est pourtant fondamental, c’est le lecteur. Écrire c’est écrire à un lecteur. Quel est votre lecteur idéal ? Comment l’imaginez-vous ?

NA - Le lecteur idéal pour moi ce serait vraiment un lecteur - bon on est bien dans l’idéal n’est-ce pas ? - qui concentre en la même personne à la fois l’homme, à la fois la femme, à la fois quelqu’un qui aurait tous les âges, du nourrisson jusqu’au vieillard. Quelqu’un qui parlerait toutes les langues. Quelqu’un qui habiterait dans chaque pays de la planète. Et quelqu’un enfin et surtout qui aurait la capacité de valider mon écriture comme étant une expérience possible de l’humanité. Donc c’est un lecteur finalement… voilà, qui concentrerait en lui tout cela.

CR - Vous présentez un lecteur qui a vraiment de multiples formes. Est-ce ça veut dire que vous pensez qu’un auteur peut s’adresser à vraiment tout le monde ?

NA - Pour ma part, je serais ravie si ce que j’écris touche tout le monde, ne serait ce qu’à un niveau infime. Que chaque personne puisse se reconnaître, même si c’est à un très faible niveau, dans ce que j’écris.

CR - Est-ce que vous pensez au lecteur concrètement quand vous écrivez et si oui, de quelle manière est-il présent à vos côtés ?

NA - J’avoue que le lecteur n’est pas présent lorsque je suis en processus de création littéraire. Je me sens plutôt comme un metteur en scène ou comme un cinéaste qui est en train de répéter, de travailler ses scènes avec ses comédiens et ses techniciens jusqu’au moment où ce qu’il a préparé peut être montré et partagé, ouvert au public. Je suis plutôt là-dedans. Et la publication serait ouvrir les portes pour montrer ce qu’on a préparé avant.

CR - Pensez-vous à d’autres personnes, peut être des gens précis quand vous écrivez ?

NA - Il faudrait reprendre chaque écrit et vraiment voir si j’ai focalisé effectivement sur une personne ou une autre. Mais de toutes les façons comme l’acte d’écrire est éminemment relationnel, il y a forcément un autre ou plusieurs autres auxquels je pense pendant que j’écris. »

 

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